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Mise à jour le
08/11/2010
La réfutation de l’astrologie
par Ibn Khaldûn (1374-1377)
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Le présent texte figure dans la Muqaddima
qu’Abû Zayd cAbd al-Rahmân b. Mohammad Ibn Khaldûn al-Hadramî
rédigea en 1374-1377 lors de sa retraite à la forteresse d’Ibn Salâma, dans
le village de Taghzût, dans l’Anti-Atlas marocain.
Cette Muqaddima connue en français
comme « Prolégomènes » ou, notamment par Vincent Monteil, Discours sur
l’Histoire universelle, Paris : Sindbad, 1967-1968, l’introduction
au Kitâb al-cibar ou « Livre des exemples »
Statue d’Ibn Khadûn à Tunis |
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Ibn Khaldûn critique l’astrologie du double
point de vue de la religion et de la raison. ceci est d’autant plus
intéressant que, contrairement à une opinion répandue, il n’est pas ce que,
mutatis mutandis, on appellerait, dans l’Europe nourrie de la
philosophie des Lumières, un « rationaliste » mais plutôt un « spiritualiste
» ou « fidéiste ». Pour se situer dans le contexte de la philosophie
islamique classique, il prend en effet parti pour Al-Ghazâlî contre Ibn
Rushd, l’Averroès des Latins.
Pour mieux comprendre l’enjeu de ce débat,
présentons-en les termes :
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Al-Ghazâlî avance, contre les falâsafa,
notamment Al-Fârâbî et d’Ibn Sînâ, qu’il n’existe pas de lois de la
nature, mais des volontés de Dieu qui relie entre eux les
phénomènes. Il écrit ainsi, dans son Tahâfut, qu’au
dessus de la sphère de la raison, il y a une autre sphère : celle de
la manifestation divine
»
Selon Ibn Rushd, au contraire, Dieu a
lui-même créé un monde régi par des lois immuables et mathématiques
que l’on peut découvrir par l’exercice de la raison humaine. Le
philosophe peut même remonter par la raison l’enchaînement causal
des manifestations de l’œuvre divine jusqu’au Créateur lui-même (Tahâfut
al-tahâfut).
Or voici précisément ce qu’écrit Ibn
Khaldûn à ce sujet :
« Les philosophes se trompent sur
toute la ligne. […] [Leurs] arguments sur les choses existantes –
al-mawjûdât –, qu’ils soumettent au critère de la logique, sont
nettement insuffisants. [En effet, poursuit-il ] l’essence des
choses spirituelles nous est tout à fait inconnue ». (Al-Muqqadima,
1173-1184).
(Roland Laffitte, extrait d’une
communication intitulée
« Â propos d’Ibn Khaldûn, quelques
réflexions sur la raisons dans la civilisation islamique »,
faite à Tunis dans le cadre du
colloque Foi et raison, le 20 mai 2007). |
On n’en
savourera qu’avec
plus de plaisir les arguments donnés par Ibn Khaldûn dans la critique
de l’astrologie.
Et là encore, la force de sa démonstration est d’autant
plus grande qu’il
ne s'en prend pas au premier astrologue venu mais à Ptolémée lui-même.
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Extrait de IBN
KHALDÛN, Discours sur
l’Histoire universelle, 3 vol., Paris: Sindbad, 1967-1968,
1184-1189. |
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